Depuis le centre-ville de Briançon, vous êtes littéralement au pied des monstres sacrés des Alpes. Cap au nord, et vous attaquez la longue et régulière montée du col du Lautaret, qui sert de tremplin obligatoire vers le terrible col du Galibier et ses 2 642 mètres d’altitude, où la neige borde souvent la route même en plein été. Cap au sud, et la route s’élève immédiatement vers le col d’Izoard via le versant Nord, plus boisé et secret que son jumeau du Queyras, mais tout aussi redoutable avec ses rampes finales à travers les mélèzes. Rouler à Briançon, c’est accepter de passer des heures en montagne, de gérer les changements brusques de météo et d’apprivoiser des pourcentages qui dépassent régulièrement les 9 %. C’est le paradis du braquet souple et des cyclistes qui aiment mesurer leur endurance face aux mythes du bitume.
Si le bitume briançonnais est historique, le terrain de jeu pour les pneus larges est tout aussi grandiose. Briançon est connectée directement au domaine de Serre Chevalier, l’un des espaces VTT les plus dynamiques des Alpes du Sud. Grâce aux remontées mécaniques accessibles dès la sortie de la ville, vous basculez en quelques minutes dans un autre monde : un réseau de pistes d’enduro et de descente serpentant entre les alpages et les forêts. Pour les amateurs de randonnée pure ou de VTT à assistance électrique (VTTAE), les chemins militaires construits au XIXe siècle pour desservir les forts en altitude offrent des pistes larges, au pourcentage régulier, idéales pour grimper sans encombre jusqu’à des balcons panoramiques suspendus au-dessus de la vallée de la Guisane.
Briançon possède un réseau unique au monde de pistes militaires et de chemins de liaison reliant les différents forts de la ceinture fortifiée (Fort des Têtes, Fort de l’Ancien Radet, Fort de l’Infernet). Ce réseau est le terrain d’expression absolu pour le Gravel. Ces pistes en terre compactée et en petits graviers, suspendues au-dessus du vide, offrent des pentes constantes et un grip exceptionnel. Rouler en Gravel ici permet de combiner l’effort physique de la haute montagne avec une immersion historique unique, loin du trafic des grands cols routiers.
La réalité du terrain à Briançon réside dans sa configuration en « hub ». La ville est un carrefour où convergent la Haute-Romanche, la Clarée et la Guisane. Le relief y est abrupt dès que l’on quitte le fond de vallée, imposant des relances sèches. À plus de 1 300 m, l’altitude joue un rôle majeur sur l’organisme : l’air plus sec et la raréfaction de l’oxygène nécessitent une hydratation rigoureuse et une gestion fine de l’effort. Les revêtements varient du bitume granuleux de haute montagne aux pistes de schiste fuyant sur les crêtes.