Si la plupart des cyclistes sur route filent vers les grands cols voisins, les chasseurs de cols cachés s’arrêtent à Notre-Dame-de-Bellecombe pour affronter le col du Treillage. Cet itinéraire de traverse, jadis emprunté pour acheminer discrètement les marchandises entre la Savoie et la Haute-Savoie, est une pépite pour les jambes affûtées. Au départ du village, la route quitte rapidement l’asphalte principal pour s’enfoncer sur des voies communales étroites, presque secrètes. Le profil est un monstre de irrégularité : des replats salvateurs au milieu des chalets d’alpage succèdent à des coups de cul brutaux flirtant avec les 11 %. C’est une grimpée intimiste, sans trafic, où le sifflement des pneus sur le goudron granuleux n’est perturbé que par le bruit des torrents.
Pour les adeptes du voyage à vélo et du cyclotourisme contemplatif, la station est le cœur battant de la Route des Églises Baroques. Ce parcours routier sinueux et vallonné relie les villages du Val d’Arly par les balcons supérieurs. Rouler sur cet itinéraire, c’est enchaîner de courtes bosses à travers les clairières, traverser des ponts en pierre d’époque et s’arrêter au pied des édifices religieux qui font la fierté de la région. Le rythme y est apaisé, idéal pour les vélos de voyage équipés de sacoches ou les cyclos du dimanche. C’est la thématique reine pour comprendre l’ADN du village : un territoire où l’effort physique se conjugue toujours avec la découverte d’un patrimoine pastoral resté intact.
À Notre-Dame-de-Bellecombe, le Gravel s’aventure sur les chemins d’exploitation agricole utilisés pour la récolte du lait destiné au fromage Beaufort. Ces pistes s’élèvent depuis le village (1 150 m) pour rejoindre les alpages supérieurs de Lachat ou de Vorès. Le sol, mélange de terre compactée et de dalles rocheuses affleurantes, exige une bonne section de pneus (40 mm conseillés). C’est une immersion brute au milieu des parcs à vaches, offrant une connexion directe avec la vie d’alpage.
La topographie de la station, encaissée dans les replis du Val d’Arly puis ouverte sur les sommets, crée un microclimat protecteur. Les versants boisés offrent une ombre salvatrice durant les après-midis étouffants de juillet, maintenant une fraîcheur bienvenue lors des ascensions. Le réseau routier secondaire est resté très typique, parfois sinueux et étroit, demandant une vigilance accrue dans les descentes forestières où l’humidité peut persister sous les grands sapins.