Pour les puristes du cyclisme sur route, Serre Chevalier est la rampe de lancement vers le paradis. Depuis les villages de la vallée (Chantemerle, Villeneuve, Le Monêtier), la route s’élève de manière douce et régulière sur le ruban d’asphalte du col du Lautaret (2 058 m). C’est une ascension longue mais progressive, idéale pour caler son rythme. Les choses sérieuses commencent véritablement au sommet du Lautaret, où se dessine le point de départ du mythique col du Galibier. Là, le décor change radicalement : la végétation disparaît, la pente se redresse brutalement pour atteindre les 10 % à l’approche du tunnel, et l’air se raréfie. Atteindre le sommet à 2 642 mètres d’altitude, entre les murs de neige tardifs et les parois rocheuses, est un accomplissement physique et mental hors norme.
Si la route fait la renommée de la vallée, son domaine de VTT de descente et d’enduro est une référence alpine absolue. Grâce aux différents téléphériques et télésièges ouverts tout l’été depuis Briançon, Chantemerle et Villeneuve, le Bike Park de Serre Chevalier déploie un réseau impressionnant de pistes balisées. Le terrain se caractérise par son incroyable variété : des pistes de descente rapides et aériennes sur les crêtes d’altitude aux singletracks techniques et sinueux tracés sous la canopée des forêts de mélèzes. Pour les amateurs de cross-country et de VTT à assistance électrique (VTTAE), la vallée propose des itinéraires longs en balcon, permettant de relier les différents villages par les hauteurs avec des points de vue plongeants sur la Guisane.
Serre Chevalier s’impose comme un haut lieu du Gravel grâce à des pistes de montagne mythiques, à commencer par le célèbre Chemin du Roy. Ce balcon suspendu au-dessus de la vallée offre une alternance de terre compacte, de schiste et de pelouse alpine. Rouler en Gravel ici demande une bonne technique de pilotage et des braquets très souples, mais la récompense est immense : des kilomètres de pistes sauvages et roulantes, totalement isolées du trafic routier, face aux glaciers des Écrins.
Le profil de Serre Chevalier est marqué par un « effet vallée » : un faux-plat montant continu du bas (Briançon) vers le haut (Le Monêtier), qui peut s’avérer usant avec le vent thermique de face en fin d’après-midi. Dès que l’on quitte l’axe central, les pentes s’élèvent très sèchement vers les alpages. L’altitude moyenne élevée (entre 1 200 m et plus de 2 600 m) impose une hydratation constante et une gestion fine de l’effort pour éviter le coup de moins bien lié à la baisse d’oxygène.