Pour tout cycliste sur route, Le Grand-Bornand est indissociable du terrible Col de la Colombière (1 613 m). Si l’ascension complète démarre plus bas, c’est depuis le centre du village que le mythe s’accélère. Longue de près de 12 kilomètres depuis l’église, la montée se divise en deux mondes. Les premiers kilomètres grimpent de manière soutenue mais régulière à travers les virages du Chinaillon. Après une courte traversée de la station haute, la route s’enfonce dans le décor minéral et sauvage des derniers lacets. C’est ici, sur les 3 derniers kilomètres, que le pourcentage s’installe au-dessus des 8,5 % et que le vent de face vient cueillir les coureurs au pied des falaises du Jallouvre.
À l’écart des grands profils de cols, Le Grand-Bornand offre des parcours de moyenne montagne d’une beauté sauvage absolue pour le cyclotourisme d’exploration. La route du Vallon du Bouchet est un modèle du genre : elle s’étire en faux-plat montant le long du torrent, au pied de la chaîne des Aravis, offrant un asphalte parfait et une tranquillité rare au milieu des fermes traditionnelles. Pour ceux qui aiment le punch, la liaison par le col des Écotagnes permet de basculer vers Saint-Jean-de-Sixt sur une route forestière étroite, sinueuse et totalement ombragée. C’est le terrain privilégié pour accumuler les kilomètres à son rythme, à l’abri des grands flux de circulation.
Le Mont Lachat, qui domine la station, est devenu le pôle d’attraction des amateurs de grands espaces grâce au VTT à assistance électrique (VTTAE). Les pistes forestières et pastorales grimpent de manière très abrupte depuis le village pour rejoindre la crête sommitale à plus de 2 000 m. Le terrain, fait de schiste compacté et d’alpage, offre un rendement exceptionnel et un panorama à 360° reliant le Mont-Blanc aux Bornes.
La topographie du Grand-Bornand se caractérise par un profil en marches d’escalier (le Village, puis le Chinaillon, puis les cols). Cette configuration demande une gestion fine de l’effort : le corps subit des ruptures de pente nettes à chaque changement de niveau. Exposée à l’Adret (versant sud), la route de la Colombière emmagasine une chaleur étouffante l’après-midi, rendant l’air sec et l’effort thermique intense lors des grimpées estivales.