Pour les riders, Les Gets proposent une schizophrénie géographique unique au monde en séparant le domaine en deux ambiances radicales. À l’est, le versant des Chavannes est une véritable usine à flow : un réseau de pistes ultra-travaillées, larges, parsemées de sauts progressifs, de modules en bois (North Shores) et de virages relevés shapés au millimètre, idéal pour enchaîner les runs à haute vitesse. À l’ouest, le Mont Chéry est le bastion des puristes. Plus sauvage, plus raide et technique, ce versant abrite la légendaire piste noire de la Coupe du Monde. Rouler sur le Chéry, c’est défier les racines géantes, les dalles de schiste glissantes et les pentes abruptes face au panorama grandiose du massif du Mont-Blanc.
Si Les Gets règnent sur le pneu large, la station cache une pépite pour les routiers qui boudent les grands boulevards automobiles : la montée du Col de l’Encrenaz (1 433 m). Au départ du centre du village, cet itinéraire s’extrait immédiatement de la cuvette pour s’enfoncer dans le vallon confidentiel de la Côte d’Arbroz. Le profil est un condensé de cyclisme brut : une route étroite, souvent déserte, un revêtement rugueux et des sections qui se cabrent subitement à plus de 9 % sous les falaises du Roc d’Enfer. C’est le col des cyclos esthètes, une ascension intimiste qui relie la station à la vallée de la Manche (Morzine) dans une ambiance de montagne pastorale totalement préservée.
Ce qui distingue Les Gets de n’importe quel autre spot, c’est le travail des bikepatrollers (les shapers). Les pistes ne sont pas de simples chemins : elles sont sculptées pour créer de la vitesse par transfert de masse (les pumps). Les zones de freinage sont étudiées pour éviter les tôles ondulées, et chaque saut possède une table de sécurité. C’est ce savoir-faire unique qui donne ce sentiment d’apesanteur et de sécurité, que l’on soit débutant sur une piste verte ou pro-rider sur une double-noire.
La topographie des Gets repose sur une roche particulière : le flysch, un mélange de grès et de marnes. Pour le cycliste, cela change tout. Par temps sec, cette terre offre un grip atomique qui permet des prises d’angle agressives. En revanche, dès qu’un orage éclate, le sol se transforme en une pellicule amoureuse et glissante qui met à l’épreuve l’habileté du pilotage. C’est cette dualité qui a forgé la légende technique des champions locaux.